
| Père* | Maximin Léger (n. 19 mars 1819, d. 18 déc 1899) |
| Mère* | Anastasie Babineau (n. avr 1818, d. 16 juin 1896) |
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| Père* | Paul Léger (n. 1792, d. 28 mars 1869) |
| Mère* | Marie Melanson (n. 1791, d. 24 déc 1888) |
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| Père* | Pierre Duguay (n. 1797, d. 23 avr 1873) |
| Mère* | Appolline Doiron (n. 1792, d. mai 1870) |
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| Père* | Laurent Cormier (n. 1803, d. 26 avr 1880) |
| Mère* | Marie Cormier (n. 28 déc 1808, d. 18 avr 1879) |
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| Père* | Paul Léger (n. 1792, d. 28 mars 1869) |
| Mère* | Marie Melanson (n. 1791, d. 24 déc 1888) |
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| Père* | Laurent Babineau (n. 1784) |
| Mère* | Charlotte Downing (n. 26 jan 1785, d. 1866) |
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
Feu Laurent Léger était d'un de ces pilliers acadiens qui forment l'édifice de nos bonnes paroisses françaises en Acadie. C'est avec un regret bien vif que nous voyons disparaître ces hommes de foi, ces fervents chrétiens, ces belles figures acadiennes. Et feu M. Léger était un patriote et un chrétien convaincus. Sa mémoire restera longtemps gravée dans le coeur dees paroissiens du Cap Pelé.
Depuis 22 ans, il remplissait avec honneur et probite la charge de syndic de sa paroisse. Le regretté défunt était aussi un cultivateur à l'aise qui jouissait de l'amitié de tous ses concitoyens.1
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Première partie
Filiation du Père Désiré-F. Léger
par lui-même
Je suis né au village du Trois-Ruisseaux, paroisse de Sainte-Thérèse de Cap Pelé, le 22 mai, 1855, juste cent ans après la Dispersion, du mariage de Frédéric Léger et de Dorothée Babineau, et reçu au baptême les noms de Désiré-François.
Suis entré au Collège le 17 avril 1874, où j'ai complété mon cours classique. Entré au grand Séminaire de Québec en septembre 1882, y ai été ordonné prêtre le 13 juin, 1866 par le Cardinal E.A. Tachereau.
Envoyé vicaire au Père F.X. Michaud de Bouctouche le 24 juillet 1886. Appelé à Saint Jean Carleton en octobre 1888; nommé curé à Saint-Anselme de Fox-Creek fin septembre 1889, où j'exerce mon ministère pendant 14 ans; ai construit l'extérieur de l'église actuelle.
Pris charge de la paroisse St-Paul de Kent le 29 octobre 1903; ai renouvelé tout l'intérieur de l'église en assolidant la charpente bien trop faible, ayant en même temps des missions de St-Norbert et de St-Timothée d'Adamsville. Ai construit l'église en cette dernière localité.
A Cocagne (St-Pierre de), le 16 octobre 1916, pendant 4 ans. À St-Louis de France, Lewisville, le 7 octobre 1920, où l'oeuvre paroissiale se continue tranquillement en harmonie avec tout le monde.
A mon arrivée dans cette dernière paroisse, il y avait 84 familles françaises. A cette date (4 mars 1932) nous comptons 172 familles bien chrétiennes et françaises et dévouées à leur église et à leurs prêtres.
D.F. Léger, curé; ce 4 mars/32.13
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Première partie (… suite)
Un curé entreprenant
L 'abbé Désiré-F. Léger, 8e curé (1889-1903)
L'abbé Désiré-F. Léger succède à l'abbé Belliveau. Il vit le jour au village des Trois-Ruisseaux (Ruisseau-des-Léger), paroisse de Cap Pelé, le 22 mai 1855. Fils de Frédéric Léger, cultivateur, et de Dorothée Babineau, il fréquenta l'école de son village et eut pour instituteur Sir Pierre-Amand Landry, dont le jeune Désiré fut l'un des plus distingués élèves.
A l'âge de 19 ans, il s'inscrit au collège Saint-Joseph. Ses études classiques terminées, iI entreprend de brillantes études théologiques au Grand Séminaire de Québec. Son Eminence le Cardinal Taschereau l'ordonne prêtre à Québec le 12 juin 1886. Le 24 juillet, il est nommé vicaire de l'abbé F.-X. Michaud à Bouctouche, poste qu'il occupera jusqu'en octobre 1888, alors qu'il est transféré à la paroisse l'Assomption de Carleton (aujourd'hui Lancaster), également en qualité de vicaire. Le 3 octobre 1889, il arrive à Saint-Anselme.13
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Première partie (… suite)
Projet de construction d'une église
Comme nous l'avons souligné, l'abbé Fidèle Belliveau avait songé à construire une troisième église pour remplacer celle érigée par l'abbé Ferdinand Gauvreau vers 1839, laquelle se détériorait rapidement. De plus, cette dernière était devenue trop petite pour accommoder une population qui augmentait constamment.
Le 21 mars 1891, l'abbé Léger convoque les paroissiens et leur expose la situation: il faut bâtir ou réparer. L'attitude des gens a changé depuis les dernières démarches effectuées par l'abbé Belliveau, car de tous les chefs de familles présents, seulement onze s'opposèrent à la construction d'une nouvelle église.
Il s'agissait de prélever des fonds; les pique-niques, les souscriptions volontaires, les quêtes, les séances et soirées musicales seront les grands moyens de financement. Le pique-nique de 1892 rapporte $1,064.00, celui de 1893, $800.00, et celui de 1894, $635.00. On présente des soirées musicales et des séances au profit de la nouvelle église:
«Samedi soir avait lieu à St Anselme de Fox-Creek, au profit de l'église, un joli concert organisé par Miles Marie Léger, Agnès Thibodeau et autres. Le programme se composait de morceaux de musique vocale et instrumentale, dialogues, déclamations, etc. et a fort intéressé l'auditoire. Une jolie somme a été réalisée.»
Il est probable que la diminution dans les revenus des pique-niques ait contraint l'abbé Léger à trouver d'autres sources de financement. C'est pourquoi pendant quelques années à compter de 1895 on cesse d'en organiser pour financer la construction d'une nouvelle église. On fait appel à d'autres moyens, moins accaparants, tels que des souscriptions volontaires et des quêtes. Compte tenu de la population de la paroisse, soit environ 150 familles, et des conditions économiques difficiles, les résultats s'avérèrent intéressants:
«Depuis les quelques dernières années, nous n 'avons pas eu de pique-nique; des souscriptions volontaires en ont prit la place, et chaque fois, la générosité des gens a été remarquable. Cet automne la somme de $400. a été réalisée dans l'espace de cinq jours. Notre curé ayant annoncé la quête de Noël en faveur de l'église, il a reçu encore $65., beau résultat pour une des plus petites paroisses du diocèse.».13
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Première partie (… suite)
On construira en pierre
Quatre ans après la première assemblée publique, soit le 13 février 1895, l'abbé Léger convoque à nouveau les paroissiens: il fallait décider si l'on allait construire en bois, en brique ou en pierre.
Les circonstances ne permettaient pas de construire en brique. D'autre part, un brave paroissien soutint:
«... qu'en considération du petit nombre de contribuables qui composent la paroisse et de leurs moyens limités, bâtir en bois est un fardeau suffisamment lourd pour les épaules de ses co-paroissiens.»
L'orateur avait à peine terminé ses remarques que d'un geste spontané et émouvant:
«l'assemblée entière se lève et d'un ton qu'on aurait dit de protestation, s'écrie: “Cette église que le bon Dieu nous demande de bâtir, nous la bâtirons en pierre.»
La nouvelle de cette décision se répandit comme une traînée de poudre dans les paroisses avoisinantes: on crut d'abord à effet d'un zèle outré ou d'un manque de jugement... Quoi! se disait-on, une église en pierre à Fox Creek! Pourtant, l'avenir a prouvé combien on avait été sincère ce jour-là.
Même si on décida presqu'à l'unanimité un seul opposant de construire en pierre, par prudence, la décision finale ne sera prise qu'à la fin octobre 1897.
On peut se demander ce qui a poussé les paroissiens à construire en pierre. Nous pourrions évoquer plusieurs raisons.
Il est évident que Léon voulait ériger une église qui puisse défier les années. Malgré ses quatre-vingts ans, elle présente encore une allure de jeunesse, fière et solide. Mais la découverte d'une quantité insoupçonnée de pierre n'est pas étrangère à cette décision.
En effet, la température étant clémente, dès le mois d'octobre on se met à la recherche de pierres pour savoir si on en trouverait suffisamment. On assiste à une véritable “chasse au trésor”:
«le 25 du mois dernier, un bon nombre de casseurs de pierre prirent les champs et bois environnants, afin de découvrir une place où l'on pourrait prendre la pierre pour les fondations de notre nouvelle église que nous devrons construire l'été prochain. Le curé Léger avait annoncé aux offices du dimanche qu'il offrirait, lundi matin, le saint sacrifice de la messe à cette fin. Quelle ne fut pas la surprise et la joie de ces chercheurs infatigables, après avoir fouillé presque toute la localité, de tomber, vers le soir, non pas sur le pavé, mais bel et bien dans une carrière presque toute faite, toute débarrassée, où il n'y a pas une pelletée de terre à ôter. La pierre y gît en grande quantité et de très belle qualité. Le Kiondike de St-Anselme...»
Il faut aussi se rappeler qu'à l'époque la paroisse comptait des maîtres d'oeuvres et des tailleurs de pierre très compétents. Avec la simplicité du coeur, ils ne demandaient pas mieux que de servir Dieu tout en exerçant leur métier. En somme, la paroisse entière a voulu inscrire dans la pierre un cantique, un hymne à la gloire du Père. Il faut se placer dans la mentalité du temps pour bien comprendre le sens de cette démarche paroissiale.
Chaque époque de l'histoire de l'Église a inventé des formes et des moyens propres pour manifester sa foi et ses sentiments religieux. Tout comme au Moyen Age, la construction d'une église paroissiale, ou d'une cathédrale, était une démarche de foi à laquelle presque tout le monde participait selon ses moyens, ses aptitudes.
Les gens de Saint-Anselme n'étaient pas différents. A peu près personne ne pensait se dérober à un si noble devoir. Cela paraissait tout naturel de contribuer ainsi à construire un temple où se réunirait au cours des années la famille paroissiale, pour adorer, louer et remercier son Dieu créateur et sauveur.
Le 3 novembre 1897, l'abbé Léger se rend à Saint-Jean consulter l'architecte H.H. Mott pour «faire remodeler les plans pour les fondations.» Le 9 débutent des travaux mineurs d'excavation. On choisit un site, situé en face de la vieille église, de l'autre côté du chemin des Melanson.
Les premiers ouvriers furent: Nap Léger, Albani Léger, Résimond LeBlanc, Maurice-D. LeBlanc, Ladislas LeBlanc et Carnifie Babineau. Alphée-C. LeBlanc transporta sur les lieux le premier voyage de pierre.
Eustache-J. LeBlanc tailla la première pierre.
Architecte, H.H. Mott (St-Jean)
Contre-maître pour la pierre, Honoré-P.B. LeBIanc.
Contracteur pour l'extérieur, P. -N. LeBlanc
Plombier, Charles Cassidy
Peintre, John Billenburg.13
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Première partie (… suite)
Toujours animés par cette démarche communautaire:
«Tous s'étaient engagés à donner gratuitement dix jours de travail à tailler des pierres ou, dans l'ignorance du métier à payer dix jours de salaire à un homme de cette profession. Lon transporta aussi, aux mêmes conditions, toute la pierre nécessaire à l'oeuvre.»
A la fin novembre, il ne reste que quelques verges de pierre à casser. On espère profiter des premières neiges qui d'ailleurs tardent, pour charroyer ce qui reste afin de commencer la construction tôt au printemps. A la fin janvier 1898, on a au-delà de 400 voyages sur le terrain:
«Il faut aussi dire que les bras sont bons, les fouets claquent et que la besogne marche!»
Les travaux de construction débutent pour de bon le 4 avril 1898. Ils avancent assez bien:
«Aujourd'hui la cave est creusée, les murs de chaque côté sont au niveau de la terre, une grande partie de la pierre est coupée; de sorte que dans trois semaines, si le temps nous est favorable et avec le courage et la bonne entente que les paroissiens ont montrés jusqu'à maintenant, nous aurons fini les travaux pour cet été. A l'automne nous frapperons un autre coup et ce sera plus que la moitié du dehors de fin.»
Puisqu'on ne voulait pas imposer une dette à la paroisse, la construction ne devait prendre fin qu'en 1904, interrompue au cours des années lorsque les fonds venaient à manquer. Il fallait être prudent. L'argent se faisait rare, si on en juge par la quête de Noël de 1897, qui a rapporté la somme de $23.00.
Une étroite collaboration s'était vite établie au sein de la paroisse. On répondait avec empressement aux appels du curé. Ainsi le contremaître, M. Honoré LeBlanc, et son adjoint, M. Donat Gauvin, informèrent l'abbé Léger qu'on allait manquer de pierres pour la base de l'édifice.
L'extrait suivant montre avec quel enthousiasme et quelle saine compétition les gens ont répondu à l'appel du curé. Non seulement les hommes, mais aussi les femmes avaient à coeur la construction de l'église.
«Dimanche, notre curé demanda aux gens s'il ne serait pas possible de trouver, de casser et d'amener le montant voulu. Il en fallait quelque 25 morceaux de cinq pieds de long, un pied d'épais et quelques pieds de large. Ce n'était donc pas des sacs de plume qu'il s'agissait de sortir du bois dans pareils chemins!
Pour nous encourager, le Père Léger, qui porte tant d'intérêt à cette construction, annonça qu'il hausserait lui-même le pavillon pour le premier voyage de pierres arrivant sur le terrain lundi. A hui heures du matin les gens des districts de St-Pierre et de St-François respectivement arrivaient au milieu des acclamations des nombreux travaillants, avec chacun une pierre. Peu de temps après, les autres districts amenaient leur voyage avec quatre et cinq chevaux par voiture.
St-Eustache est arrivé vers midi, non-seulement avec un mais deux voyages traînés par quatre chevaux, et, ce qui ajouta à l'intérêt et aux bravos des spectateurs, les chevaux étaient guidés par les demoiselles Marie et Barbe Léger, Agnès Thibodeau. Marie et Françoise Girouard. Pour être nouvelle la chose n'en a pas été moins appréciée, d'autant plus qu 'elle était toute naturelle. Les femmes de la paroisse ont à coeur la construction de notre église aussi bien et autant que les hommes; cet acte de dévouement de la part de quelques-unes le démontre clairement.»
Après trois ans de travaux, la nouvelle église n'est toujours pas terminée. C'est la raison qui incite la paroisse à reprendre la tenue de pique-niques à compter de 1900. On ne manque pas d'imagination pour attirer les gens:
«... à aller déposer son obole dans la cassette du pique-nique de Saint Anselme afin de pouvoir, plus tard, se rendre le doux témoignage d'avoir contribué quelques deniers à ce superbe monument de la foi acadienne et catholique.»
Quelques attractions que l'on présente au pique-nique des 5 et 6 août 1902, méritent d'être soulignées à cause de leur ingéniosité:
«2._Une roue à tirer des écus, invention locale dont la patente est déjà sur le marché américain.
3._Un compteur nouveau pour démontrer précisément la force du poing. C'est l'invention fort ingénieuse d'un paroissien.
5._Sensation du jour: un ballon fée, dirigé par un professeur d'expérience, fera chaque jour quelques excursions aériennes au-dessus du terrain.
7._Télégrammes ou messages sans fil seront envoyés et reçus d'Europe, les deux jours, par un agent de Sénor Marconi.
10._Grand cyclorama: le firmament bien visible à plusieurs pieds sous terre.»
Et le correspondant conclut:
«On reproche parfois à nos gens d'être arriérés. On le voit par ce programme, ce reproche ne peut s'adresser à l'actif et prévoyant curé Léger ni à ses vaillants ouailles.»
Les travaux se poursuivent de façon irrégulière jusqu'au 30 septembre 1901. On décide alors de les suspendre pour un certain temps, faute de fonds nécessaires. L'extérieur, à l'exception des deux clochers et de la finition de la façade, était terminé.
Il semble qu'un seul événement soit venu rompre l'arrêt des travaux: l'installation de deux colonnes de granit rouge oeuvre de T.F. Sherrard et fils de Moncton placées de chaque côté de la porte principale. Ce don, évalué à cinquante dollars, avait été offert par M. Simon-B. LeBlanc de Leger Corner (Dieppe), originaire de Saint Anselme (chemin des Melanson) et oncle du violoniste Arthur LeBlanc.
Deux années s'écoulèrent sans que l'on reprit les travaux. Dans l'intervalle, le décès du Père F.-X. Joseph Michaud, curé de Bouctouche, survenu le 15 octobre 1903, occasionna plusieurs changements ecclésiastiques dans les paroisses du nord du diocèse de Saint-Jean. L'abbé Jean Hébert, curé de Saint-Paul, transféré à Bouctouche, était remplacé par l'abbé Désiré Léger. L'abbé Alban Robichaud, curé de Sainte-Anne-de-Kent, était nommé à Saint-Anselme.
L'abbé Léger quitta avec regret une paroisse où il avait déployé, pendant quatorze ans, un zèle et un dévouement infatigables. L'intérêt qu'il a manifesté pour ses ouailles dans toutes les sphères de leurs activités ne s'était jamais démenti.
II était fortement chagriné de devoir partir sans avoir terminé l'église. Cependant, il avait la satisfaction de laisser à son successeur une paroisse exempte de dettes. Bien plus, grâce à sa sagesse et à ses économies, Saint-Anselme était dans une situation financière relativement bonne.
Biographies:
Filiation du Père Désiré F. Léger, par lui-même, 1932.
Saint-Anselme, 150 années de vie paroissiale 1832-1982.13
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Deuxième partie
Filiation du Père Désiré-F. Léger
(suite) par lui-même
Frédéric Léger, mon père, est né au Trois-Ruisseaux le 27 avril 1824. À 23 ans, ayant ses logements terminés, il contracta mariage le 22 janvier 1847 avec Dorothée Babineau, fille de Laurent Bahineau et de Charlotte Donelle/Downing du Bas Cap Pelé. Elle était née le 11juillet 1815. Sept enfants naquirent de cette union: Annette, Anastasie, Charlotte, Madeleine, Laurent, Désiré et Marie.
Marie, la cadette est morte d'une insolation, ou coup de soleil, à l'âge de 5 ans. Laurent, Charlotte, Annette et Anastasie sont tous morts, restent Désiré et Marie. La première est âgée de 85 ans et le second de 77 ans.
Frédéric était un petit homme, ne pesant que 140 livres, mais il avait des bras d'acier. Lui et son frère Hypolite, un autre petit homme, possédaient une force plus qu'ordinaire, plus que les plus gros homme du canton. On ne connaissait leur puissance qu'à les voir à leurs travaux manuels, à transporter une grosse pierre, à tourner une souche, etc... C'étaient des hommes paisibles et amis de tout le monde.
Une élection fédérale devait avoir lieu quelques semaines plus tard, et le gros ventru, (ces puritains avaient des audaces!) venait pour faire signer à mon père un papier l'engageant à voter pour un libéral, et mon père fut toujours un conservateur de vieille roche. L'Anglais dépose sur la table papier, plume et encre, et, d'un ton sévère, dit à mon père à brûle-pourpoint: 'You must sign that paper'. 'Me not sign dat paper' dit mon père, et le gros bedon venait apparemment pour le prendre au collet. D'un bond, mon père est sur ses pieds et lui porte un coup de poing avec une telle force que l'anglais roule sur la boite de bois étourdi comme un crapaud. Quand il put se relever, ne voyant que d'un oeil, il prend papier, encre et plume et déguerpit comme un polisson sans remercier le maître de la maison.
Comme presque que tous les Acadiens du temps, Frédéric Léger était charpentier, forgeron, cordonnier, faiseur de voitures et monteur de charrues: il excellait dans ce dernier ouvrage. On avait mis, je m'en rappelle, de côté, comme une relique apportée de France, la charrue de bois, vers 1860, quand apparurent sur le marché les charrues de potin (alliage de fer et de plomb) qui n'étaient jamais montées. Mon père se livra à cette industrie et y fit de l'argent. On lui apportait des charrues de tous les environs. Il préparait d'avance son bois, de merisier généralement, qu'il dégrossisait pour le faire mieux sécher, afin qu'il fut prêt vers la fin de mars, époque où les charrues commençaient à arriver. Le prix était quatre piastres, avec garantie que l'instrument travaillerait de premier choix. Il mettait moins de deux jours à en préparer une.
La partie la plus difficile à faire dans une voiture d'été ce sont les roues: Frédéric Léger en avait le secret: aussi recevait-il des commandes d'un peu partout. II prenait quinze piastres pour faire les quatres roues d'une grosse voiture, sans les ferrures.
Mais en quoi il n'excellait point, c'était à démêler le premier argent canadien qui fit son apparition vers 1865. Avant cela tout notre argent venait d'Angleterre, la 'pône' (pound), le shilling 20 cents, le penny 2 cents. Ce penny-là, plus grand qu'un 50 cents d'aujourd'hui, nos pères le nommaient 'gros Jacques' parce que sur une face il y avait le portrait du roi, Jacques II qui était très gros et très laid.
Je me rappelle fort bien voir mon père, qui n'avait jamais eu d'école, pour la bonne raison qu'il n'y en avait pas dans le temps, mais il connaissait les chiffres, se mettre à table les soirs, avec de l'argent canadien et anglais, et essayer de comparer ces deux unités de métal-argent.
Avec assez de patience il parvint finalement à maîtriser le problème. Il fallait bien car tout le commerce, tous les emplois du gouvernement étaient entre les mains des Anglais, gens qui ne cherchaient rien autre chose que de s'enrichir aux dépens des pauvres Acadiens qui avaient le malheur de ne pouvoir compter et calculer pour eux-mêmes.14
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Deuxième partie (… suite)
Frédéric Léger fut marguillier d'abord tant que dura ce conseil de fabrique, syndic ensuite pendant quarante ans, charge honorifique dans le temps qui attirait le respect des autres paroissiens.
Le vieux Frédéric, comme on l'appelait en dernier, ne comptait pas son temps ni ses peines quand il s'agissait de faire quelque chose pour la religion, l'église et le prêtre dont il fut toujours le grand ami et le défenseur au besoin. Ses chevaux et voitures étaient jour et nuit à la disposition des familles ayant besoin du prêtre ou du médecin. Je me rappelle très bien du docteur Pelletier, le premier médecin français établi à Shédiac vers 1867.
Frédéric Léger était amateur de la musique, il jouait le violon passablement bien, le fifre et la flûte à la perfection.
Au temps jadis, une loi imposait à chaque père de famille le devoir de se rendre à Tingley Corner, sur la route de Shemogue au Cap Tourmentin et là pendant une journée en juillet, il devait s'initier au port des armes, à la marche militaire, ce qu'on appelait la 'Trame' (training). Les autorités militaires lui avaient procuré une superbe flûte de dix-huit pouces de long dont il était très fier.
Il m'en souvient, quelques jours avant la « Trame», nous avions un régal de musique militaire. Le voisin venait entendre la musique et s'habituer à marcher au son de la flûte, et d'un plat de fer blanc en guise de tambour.
Frédéric Léger, savait jouer le violon, avez-vous dit, mais n'avait pas d'instrument. Il ne jouait que pendant l'hiver quant notre cousin, Georges Léger, s'en revenait travailler à Menoudi aux meules; il laissait son violon chez nous et venait souvent égayer nos soirées. Et nous étions bien tristes quand arrivait le printemps, notre cousin emportait son violon.
Nous demandions souvent à notre père de se faire un violon car il était bon charpentier. La réponse venait invariablement: 'Je n'ai pas le temps'. Déterminé d'avoir un violon bien à nous j'achetai un jour une tête de violon d'un gars du village voisin, et me voilà à la confection d'un instrument à cordes... à la Stradivarius... J'avais treize ans alors. Je découpai un bardeau de la forme d'un violon pour faire le moule. À force de travail, au moyen d'une gouge, d'un couteau et d'un morceau de vitre pour polir le bois, (il n'y avait pas encore de papier sablé dans le temps) je parvins à faire le dessus de sapin blanc, et le dessous de hêtre et les cercles avec du frêne.
On hivernait toujours plusieurs porcs, et pour nourrir ces bêtes, il fallait faire cuire chaque jour un grand chaudron de patates. La vapeur voulue était trouvée pour amollir mes cercles de frêne. Je les ficelais bien serrés sur le moule de bardeau et les laissais sécher, j'avais si héroïquement travaillé qu'un mois après je demande à mon père d'acheter des cordes. 'Que veux-tu faire de cordes avec pas de violon?' Il me faut dire que j'avais tout fait à son insu; je cachais toute la 'bastringue' avant qu'il ne revienne à la maison. Il savait bien que je bâtissais quelque bardasserie parce que je lui demandais souvent ses outils qu'il ne me refusait jamais.
Pour le convaincre que des cordes étaient nécessaires, je m'en vais chercher cette piteuse volaille pas peinturée, ni trop bien faite. Il l'examine et rit de bon coeur devant ce monument, la huitième merveille du monde! Le soir même il va au magasin, à trois milles de distance, chercher des cordes. On le voyait il avait aussi hâte que moi de savoir si ça sonnerait.
Le voilà enfin en frais 'd'appareiller' le 'rebec' et moi, je l'avoue, j'étais bouleversé jusqu'au fond de l'âme. Edison n'a jamais été plus ému, ni plus fier qu'était Désiré ce soir-là. Mais oui... mais non.., ça va-ti résonner comme un violon, ou braire comme un âne?... Telle était ma perplexité; j'en tremblais... O miracle! Voilà bien que ça le son du vrai violon et même une résonance assez plaisante. Mon père utilise le violon jusqu'à sa mort et moi..., je pris un autre métier.
Frédéric Léger ne connut pas les infirmités de la vieillesse. Sa première maladie, qui dura cinq mois l'emporte le 3 mars 1892 âgé seulement de 68 ans. Il avait été bon père et un grand chrétien.
D.F. Léger, curé; ce 4 mars/32.14
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Deuxième partie (… suite)
Généalogie
Frédéric Léger, fils de Paul Léger et de Marie Melançon, né le 26 avril 1824 et baptisé le 27 mai 1824 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé (Nouveau-Brunswick). Son parrain est Maximin Melançon et sa marraine Marie Leblanc. Il épouse en première noces Dorothée Babineau, fille de Laurent Babineau et de Charlotte Downing, le 25 janvier 1847 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Ils eurent les enfants suivants:
1. Magdeleine / Madeleine Léger, née le 20 mai 1848 et baptisée le 4 juin 1848 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Son parrain est Fidèle Babineau et sa marraine Anastasie Babineau. Elle épouse Aimé Bonnevie, fils de Simon Bonnevie et de Marceline Melançon, le 10 novembre 1869 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Madeleine Léger fut inhumée le 24 avril 1932 dans le cimetière de Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé.
2. Laurent Léger, née le 2 octobre 1849 et baptisé le 17 octobre 1849 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Son parrain est Hippolyte Babineau et sa marraine Marie Babineau. Il épouse Dometille Léger, fille de Aimé Léger et de Marceline Léger, le 2 février 1875 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Laurent Léger est décédé le ier septembre 1915 et fut inhumé le 3 septembre 1915 dans le cimetière de Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé.
3. Charlotte Léger, née le 29 décembre 1851 et baptisée le 30 décembre 1851 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Ou, née le 29 mars 1852 et baptisée le 30 mars 1852 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé (deux entrées au registre). Son parrain est Philippe Léger et sa marraine Anne Léger. Elle épouse en premières noces Mark Léger, fils de Fidèle Léger et de LaBlanche Thibodeau, le 7 janvier 1874 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. En secondes noces, elle épouse Philippe Desjardins, fils de Joseph Desjardins et de Eméline Chasse, le 16 mai 1914 en l'église St-John de Rimford (Maine).
4. Désiré-François Léger, né le 22 mai 1855 à Cap Pelé. Il décède le 17 février 1939.
5. Annette Léger, épouse Simon Léger, fils de Fabien Léger et de Marguerite Forest, le 21 novembre 1881 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Annette est décédée le 6 août 1920 à Léger-Brook et fut inhumée le 9 août 1920 dans le cimetière de Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé.
6. Anastasie Léger, épouse Pacifique Bourque, fils de Etienne Bourque et de Marguerite Vienneau, le 26 octobre 1884 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé.
7. Marie Léger, née le 15 février 1861 et baptisée le 25 mars 1861 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Son parrain est Placide Léger et sa marraine Madeleine Léger. Elle est décédée à l'âge de 5 ans d'insolation ou coup de soleil.
Dorothée Babineau fut inhumée le 6 août 1888 dans le cimetière de Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé, décédé à l'âge de 72 ans.
Par la suite, Frédéric Léger épousera en secondes noces Euphémie Boudrault, veuve de Jude Belliveau, le 14 juillet 1889 en l'église Ste-Thérèse-d'Avila de Cap Pelé. Il décède le 3 mars 1893 à l'âge de 68 ans, 11 mois et fut inhumé le 6 mars 1893 dans le cimetière de Ste-Thérèsed'Avila de Cap Pelé.14
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L'abbé Léger et la liturgie
L'abbé Léger attachait d'importance à la liturgie. Dans son souci d'une meilleure participation des fidèles aux cérémonies religieuses, il publia en 1902 un petit guide intitulé: La manière d'assister aux offices sacrés.
Ces directives s'appliquaient:
«...aux basses messes, aux grand-messes, aux Vêpres et aux Saluts du T.S. Sacrement.»
Ce guide, approuvé par S.E. Mgr Casey, évêque du diocèse, connut une assez grande diffusion dans plusieurs paroisses de la région.
Pour l'abbé Léger, la musique et le chant jouaient un rôle important dans la vie liturgique d'une paroisse; c'était une forme de prière. Les principales fêtes de l'année étaient célébrées avec beaucoup de solennité.
À cette époque on avait, à l'orgue, Elizabeth à Eustache Bourque, et à la direction de la chorale, Marie-S. Léger. Lors des grandes fêtes, Noèl par exemple, le curé secondait parfois la directrice dans les exercices préparatoires à ces cérémonies un peu spéciales. Ainsi à l'occasion de Noël 1897:
«Le choeur de la paroisse, exercé par le Rév. M. Léger, qui, sans flatterie, fait toujours du beau chant, s'était imposé la tâche de préparer la messe plain-chant du sixième ton pour la circonstance. C'est dire de suite, surtout quand on a l'orgue Dlle Elizabeth-E. Bourque et pour directrice Dlle Marie-S. Léger, que la réussite a été hautement appréciée.»
Job à Basile LeBlanc, le père de notre violoniste Arthur LeBlanc, venait de fonder un orchestre dans la paroisse. Cet ensemble était composé du directeur Job LeBlanc, Zoé-E. LeBlanc, premier violon; Evariste-J.B. LeBlanc, second violon; Didier Bourgeois, flûte; Antoine-D. LeBlanc, cornet; et Barnabé-D. LeBlanc, picolo.
Pour une paroisse qui comptait environ 150 familles, c'était là tout un exploit. On les invita à jouer à la messe de minuit; les paroissiens en furent émerveillés:
«...nous fûmes agréablement surpris d'entendre des flots d'harmonie si précis et si beaux... Aussi monsieur le curé n'a pas manqué de leur en faire un compliment... Honneur et succès à nos jeunes virtuoses.»
à suivre ...
Bibliographies:
Filiation du Père Désiré F. Léger, par lui-même, 1932.
Notes généalogiques, Jean-Pierre Léger, Bellefeuille.
Saint-Anselme, 150 années de vie paroissiale 1832-1982.14
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
Troisième partie
L'agriculture
Pendant les quatorze années de son ministère à Saint-Anselme, l'abbé Léger à aussi marqué la vie paroissiale dans le domaine agricole.
Les fermiers avaient fondé, en septembre 1881, un cercle agricole dans le but d'améliorer leur situation [Le Moniteur Acadien, 13 octobre 1881, p.2]. Cet organisme ne semble pas avoir donné les résultats escomptés.
Dès son arrivée dans la paroisse, l'abbé Léger s'était rendu à l'évidence que la plupart des agriculteurs ne retiraient pas le maximum du revenu qu'offrait leur difficile métier. Lui-même fils de cultivateur, il désirait faire de l'agriculture une entreprise beaucoup plus rentable. Il était conscient que Moncton, ville en pleine expansion, constituait un excellent débouché pour les produits de la terre. Il prodigua donc ses conseils en vue d'améliorer les méthodes de culture et d'élevage des animaux.
Ses directives sages et éclairées ne tardèrent pas à donner des résultats inespérés:
«Le village de Fox-Creek, près Moncton, est entré dans une nouvelle ère de progrès et de prospérité. Depuis qu'il est curé, le Révd. M -D.-F. Léger ne cesse de prêcher à ses habitants la nécessité de s'attacher à la culture intelligente et de se livrer à l'industrie laitière. Ses sages et patriotiques enseignements n'ont pas tardé à produire d'heureux fruits; les fermiers ont adopté de nouveaux plans de culture, et se sont appliqués à améliorer leurs terres et leurs races d'animaux. Et ce printemps, encouragés, dirigés par leur bon curé, cinq des principaux habitants [Il s'agit de MM. Denis-A. Bourgeois, Aimé-S. Gauvin, Alfred-D. LeBlanc, Eustache-C. LeBlanc, Fred Doiron] fondaient une société pour la construction d'une fromagerie [Il s'agira d'une fromagerie et d'une beurrerie], qui veint de commencer ses opérations sous la direction d'un habile fromager de Toronto. L'établissement est pourvu d'un outillage de première classe, et le fromage qu'on y a déjà fait est de qualité supérieure. La semaine dernière, on y recevait 1500 livres de lait et on y fabriquait 170 lbs de fromage par jour. Dans quelques jours, quand on aura perfectionné l'organisation, on espère doublé la quantité de lait de production [Le Moniteur Acadien, 20 juillet 1894, p.2].»
Le gérant Aimé-S. Gauvin et le secrétaire Denis-A. Bourgeois, guidés et encouragés par le curé, administrèrent habilement la nouvelle compagnie. Les perspectives furent tellement encourageantes que:
«Bon nombre de cultivateurs ont augmenté le nombre de leurs vaches [Le Moniteur Acadien, 17 mai 1895, p.2].»
On connut également d'excellentes récoltes de navets, de sarrasin, d'avoine, de blé, de patates, de choux, et:
«... le reste du jardinage en proportion [Le Moniteur Acadien, 3 décembre 1895, p.2 et 1er décembre 1896, p.2].»
L'abbé Léger organisa des concours de labour sur le terrain de l'église et offrit même des prix aux gagnants [Le Moniteur Acadien, 3 décembre 1895, p.2]. Ces exemples démontrent suffisamment le grand intérêt qu'il portait à la classe agricole. Il ne ménagea pas ses conseils ni ses encouragements.15
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Fondation de la succursale de la C.M.B.A.
La succursale de la C.M.B.A., numéro 179, fut fondée le 15 juillet 1892, sous le vocable de Saint-Anselme [Le Moniteur Acadien, 22 juillet 1892, p.2]. Le sigle C.M.B.A. signifiait «Catholic Mutual Benefit Association» ou, en français, «Association catholique de secours mutuels».
Cette compagnie mutuelle d'assurance-vie fondée à Buffalo, New York, en 1875, s'était installée au Canada dès 1884 [Le Moniteur Acadien, 1er août 1890, p.2]. La première succursale au Nouveau-Brunswick fut fondée à Bathurst vers 1890 [Le Moniteur Acadien, 24 juin 1890, p.2]. Son but principal était d'offrir des polices d'assurance de $1,000.00 et $2,000.00 aux épouses et aux enfants lors du décès des membres. De plus, les membres, appelés frères, devaient s'aider mutuellement au besoin et appuyer le curé dans les diverses activités de la vie paroissiale.
Le bureau de direction de la nouvelle succursale, qui comptait vingt-deux membres, était constitué des personnes suivantes:
«R.P. Désiré-F. Léger, directeur spirituel; Denis-A. Bourgeois, président; Calixte-J. LeBlanc, 1er vice-président; Alphée-C. LeBlanc, 2e vice-président; Albéni Bourque, secrétaire-archiviste; Hector-R. Gaudet, assistant-secrétaire; Philias-E. Bourque, secrétaire-financier; Dosithée-T LeBlanc, trésorier; M. -E. LeBlanc, gendarme; Fred B. LeBlanc, garde; Patrice-D. LeBlanc, Edouard Léger, Pascal LeBlanc, Maurice-D. LeBlanc, Hector-D. LeBlanc, syndics [Le Moniteur Acadien, 22 juillet 1892, p.2].»
Dès avril 1893 [Le Moniteur Acadien, 11 avril 1893, p.3], la C.M.B.A. possédait une salle pouvant accueillir jusqu'à 100 personnes. Les membres s'y réunissaient tous les deux vendredis. Elle servait également de salle paroissiale. Que de gens de Saint-Anselme et des paroisses environnantes sont venus au cours des années applaudir les talents locaux lors des séances et de soirées musicales.
Plusieurs autres sociétés de secours mutuels du genre de la C.M.B.A. existaient à la fin du 19e siècle. Elles offraient à leurs membres des assurances à basses cotisations.
Mais la faiblesse du système à contributions fixes, sans considération d'âge, finit par épuiser les fonds, de sorte que plusieurs cessèrent d'exister. C'est ce qui se produisit avec la C.M.B.A.
Les activités de cette succursale cessèrent vers 1915.
Il était convenu que la salle qui avait été construite par la paroisse pendant le ministère de l'abbé Désiré-F. Léger, serait remise à la fabrique advenant la cessation des activités de la C.M.B.A. C'est pourquoi elle fut remise à la succursale Robichaud numéro 44, de la Société l'Assomption.
Cette salle servit à des usages multiples: société d'agriculture, réunions politiques, bureaux de scrutins, mouvements paroissiaux, soirées sociales, etc. Elle fut ensuite vendue à la Cie Melanson Concrete, au début des années 1950. Un incendie la consuma à l'été 1976.15
DÉSIRÉ-F. LÉGER 1855-1939
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L'abbe Léger encourage les artistes
Avec la construction de la salle C.M.B.A., les séances et les soirées musicales se font de plus en plus nombreuses dans la paroisse. Les journaux de l'époque Le Moniteur Acadien et L'Evangéline nous en fournissent de nombreux comptes rendus. C'est un excellent moyen de financer l'église que l'on projette de construire.
La réputation des 'Amateurs de Saint-Anselme' dépassait les limites de la paroisse. On accourait de Moncton et de Memramcook pour assister à ces représentations. Celle du 9 février 1897 semble avoir surpassé les précédentes; on y présente quatre drames:
«... ajoutez à cela de la musique appropriée et vous vous faites une idée de la belle soirée. [Le Moniteur Acadien, 16 février 198Z p.3].»
Le curé Léger suivait avec beaucoup d'intérêt les activités de ces artistes amateurs. Il ne manquait pas l'occasion de les féliciter et de leur manifester son appréciation. Quelques jours après cette soirée inoubliable du 9 février, il invite les «Amateurs» à son presbytère:
«Lundi soir, le 15, les Amateurs de la paroisse de St-Anselme se sont réunis au presbytère sur l'invitation de leur curé, le Rév. D. -F. Léger, qui, vous pouvez être certain, a su leur faire goûter quelques heures de plaisir. Tout le Monde connaît ce coeur large et libéral qui se plaît toujours à se prêter aux désirs de ceux qui l'entourent.
Il a donc tenu, comme toujours, à leur montrer sa reconnaissance et les dédommager un peu de leurs fatigues à préparer la dernière séance.
Les fruits les plus délicieux avaient été procurés pour la circonstance, et après un joli programme de musique et de chant accompagné de divers jeux; les amis se dispersèrent enchantés de leur soirée [Le Moniteur Acadien, 23 février 1897, p.3].»
L'abbé Léger, homme d'une vaste culture, a toujours manifesté un très vif intérêt envers les artistes acadiens de calibre professionnel. Le violoniste Arthur LeBlanc comptait parmi ses protégés [L'Evangéline, 23 février 1939].
Bibliographies:
Filiation du Père Désiré F. Léger, par lui-même, 1932.
Notes généalogiques, Jean-Pierre Léger, Bellefeuille.
Saint-Anselme, 150 années de vie paroissiale 1832-1982.15

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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
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| Père* | Frédéric Léger (n. 26 avr 1824, d. 3 mars 1893) |
| Mère* | Dorothée Babineau (n. 27 juil 1816, d. 8 août 1888) |
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| Père* | David Boudrot (n. 1802, d. 1875) |
| Mère* | Françoise Léger (n. 11 juil 1806, d. 1882) |
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| Père* | Paul Léger (n. 1792, d. 28 mars 1869) |
| Mère* | Marie Melanson (n. 1791, d. 24 déc 1888) |
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| Père* | Laurent Babineau (n. 1784) |
| Mère* | Charlotte Downing (n. 26 jan 1785, d. 1866) |
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| Père* | Sébastien Babineau (n. 15 oct 1823, d. 4 déc 1898) |
| Mère* | Anne Léger (n. 9 oct 1826, d. 5 déc 1851) |
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